Non classé

FED UP – LE documentaire à voir!

Fed Up, disponible sur Netflix et en streaming, discute l’épidémie d’obésité qui sévit dans les pays occidentaux et analyse son origine, le mythe de LA calorie. A voir absolument.

Publicités
Non classé

Le coup d’un soir /Vieux masque

Je suis toujours dans lˋinvective, c’est comme ça que je dis les choses, j’ai peut être besoin qu’on les entende.

Toi là, toi qui te rend sourd au milieu des festivals, écoute, écoute, j’ai une voix, tu crois que parceque je crie comme un âne que tu m’entends, mais putain, même avec une corne de brume je produis aucun son! Vous entendez rien, vous savez rien, rien du tout. Vous connaissez pas les nuits blanches des hôpitaux, et tout le temps à se tirer vers le haut alors que y a des cons comme vous à chaque coin de facebook, on dirait presque que vous avez rien vécu, ou c’est moi qui fabule?

Et puis je ris trop,ah ouai, je riais trop, mais vous inquietez pas, mon rire c’etait que de la rage, j’ai plus de demi-mot, enfin si parfois et je le regrette amèrement, si vous saviez tout ce qui me reste au fond des tripes et que je vous laisserais en cadeau si je pouvais le laisser là, avec vos petites gueules de salops qui aiment pas qu’on perde le fil de la vie, sauf si on a bu un coup de trop, et que vos mains glissent sur mes guenilles.

Putain, mais combien d’entre vous avez pensé au moins une fois que j’étais sans doute un bon coup d’un soir, mais un horrible lendemain, comme si à la lumière je brûlais la rétine, mais que bercé par la nuit noire, j’apaisais vos esprits tourmentés par vos vies minables, dictées par un creux, un vide, qui vous laissent du desespoir ou un surplus de bile, et la peur de se demander « pourquoi? »?

Alors là ma voix vous repose, comme l’eau qui coule dans la Seine, et vous descendiez de vos escabeaux pour m’aimer un peu quand même, du bout des doigts, je vous l’accorde, me laissant palpitante, moi qui avait encore une caisse de résonnance. Chaque accord était majeur, mais vous, pauvres pèlerins, reveniez vite à la grandeur et moi, à mon foutu destin.

Articles·Lectures·Musique

Spoken Word Poetry /Slam

Si vous n’êtes pas fan de slam, écoutez ceux que je liste ci dessous et vous changerez d’avis.

Somewhere In America -Los Angeles Team 

« Now somewhere in America there’s a child holding a copy of Catcher In The Rye and there’s a child holding a gun, but only one of this thing have been banned by their state government, and it’s not the one that can rip through flesh. »

Pretty – Katie Makkai

« Wandering through life shackled to a shopping bag ; No, the word pretty is not worthy of anything you will be and no child of mine will be contained in 5 letters »

Manic Pixie Dream Girl – Olivia Gatwood

« Manic Pixie Dream Girl says don’t worry, you’re still the lead role, this is your love story about the way I teach you to live. And when you are a whole person for the first time, the movie is over. Manic Pixie Dream girl doesn’t go on, there’s no need for her anymore. Once, I told you I was afraid of my father and for a moment, I looked so human the audience lost interest »

Girl Code 101- Blythe Baird

« Give me one accomplishment of Mary’s that did not involve her vagina. »

The Girl Becomes Gasoline – Reagan Myers

« A spark stoked enough will burn down the whole house »

Trigger Warning – Karina Stow

« I wish I could have also told her that bad man looks like respectable young man trigger »

Too Big- Back Cooper

« Your body isn’t is ideal type of body but pathetic has never been your ideal type of personality »

21- Patrick Roche

« Like If he could make everything else blurry maybe somehow I’d look straight »

When Love Arrives – Sarah Kay & Phil Kaye

« Maybe love stays – maybe love can’t. Maybe love shouldn’t »

Tonsils – Melissa Lozada-Oliva

 » I stopped feeling things a long time ago »

Love in a time of desperation – John Ratz

« Because the brain is the only organ afraid of dying »

Perfect – Maia Mayor

« Why are you always so tired? Your life is uninspired and small. Where is your devotion to succeed Maia? »

Textes personnels

Ces filles là.

Y a ces filles qui portent des shorts très courts, qui fument des joints et sentent toujours bon. Je vous jure, elles font tous les festivals, le visage peinturluré et des paillettes plein la gueule, et elles s’en foutent ; elles sont belles. Leurs peaux sont toujours pures, on dirait presque qu’elles ont des vies saines, c’est pas fou ça, alors qu’elles sont toujours à deux mètres de la scène et que les sonos leurs détruisent les tympans, et que si elles mourraient sur le coup, on croirait à une overdose tellement elles ont de gramme dans le sang. C’est des filles qui me font trembler le bide, je vous jure, j’ai envie de fouiller leurs ADN à la recherche du truc que moi j’ai pas, parce que moi, j’ai pas ça non, j’ai pas cette vie à mille à l’heure, mais elles, elles vont encore plus vite, font valser leurs cheveux longs et leurs robes en dentelles sous le soleil couchant, alors que l’été rase l’horizon et qu’il leur donne encore plus de couleurs. Non, c’est pas des filles de noir et blanc ça, c’est des filles du 21eme siècle, c’est sur, rien à voir avec Jane Eyre, ou avec moi, non, elles, les photos ratent jamais leurs putains de sourire ou leurs belles fesses perchées sur les épaules de leurs amis, déchirés eux aussi. Ouai, je dégueule ma ire, pourquoi j’aurais pas le droit de le faire moi aussi, après tout, je serais jamais au milieu de ces groupes de filles de 20 ans, aux gilets de lanières, qui regardent les hommes à travers leurs lunettes teintées, les filles qu’on désire à en crever, qu’on voudrait même épouser tellement elles respirent la vie.

Paraitrait que j’étais comme elle ; au moins je savais copier, mais non, moi je suis le vieux grenier où on cache le temps qui court, où on cache ces polaroïds précieux, ceux où il y a de jolies filles aux shorts courts qui fument des joints et sentent toujours bon, et c’était peut être moi, peut être vous, peut être notre enfance, j’ai peut être vieillie vite et je sais pas si on peut revenir en arrière. Mais vient écouter Rylynn dans mon antre, et poser tes bagages, je t’apporte une soupe, et quelques trouvailles ; non, je suis plus aussi funky, je suis une petite fille dans un monde de belles femmes, mais voilà, parfois il faut pouvoir se coucher quelque part, je serai une fille en veste en jean et en basket, et ma peau porte des marques à tout jamais, je sens pas comme ces filles là, mais je suis confortable comme de l’encens.

J’envie l’amour qu’on porte aux filles des festivals, aux filles qui sautent dans la foule, aux filles qui remplissent leurs weekends, et bien sûr, aux filles qui sont belles.

Textes personnels

Chronique

Peut on mourir de fatigue? Je le saurai sûrement. Le corps, lui, reste là, presque vacant,attendant le pilote. C’est une fatigue d’un genre qu’il reste à définir. Elle gangrène l’être jusqu’à l’avoir rongé. Elle embrouille l’esprit le rend faillible, faible. Je manque de mots pour l’exprimer. Mais je sais que je sens la liqueur dans la base de mon cou, que je vis les ratés cognitifs d’un cerveau qui n’est que fatigue, qu’il rattrape toujours de justesse; les noms qu’on oublie, le temps, qui disparait, les sentiments; tout ce qui est de l’ordre du superflus s’efface.

Peut on devenir fatigue? Oui. Quand tout ce qu’un homme est censé être s’annihile sous un poids presque fantôme, quand c’est l’organe qui nous dirige qui s’écrase en bâillements incessant, il ne reste rien de nous. Rien que des souvenirs – cors de chasse, du savoir qui ne peut plus guérir, et la vie qui est si loin aujourd’hui.

La vie prend toujours les imprévus comme chemin, elle se délecte dans sa lutte contre la volonté, elle aime les sentiers escarpés, elle ne recule devant aucune faille. Elle est le succube inarrêtable dont le vivant est l’incubateur. Et nous, grande machine de papier de verre, indestructible corps lâches, nous qu’elle s’empresse de détruire ou de perdre, de déchirer, nous qui avons cru que nous ne mourrions jamais, voici que nous mourrons sans mourir. Il  y a eu un jour où j’ai su que je ne sortirai pas de cet étrange sommeil qui ne me quitte plus, ce somme éveillé qui donne au monde des airs de film angoissant. Et je ne veux pas mourrir, mais comme le naufragé ne peux plus que quitter le bateau, me voir me noyer est une lente agonie.

Il faut dire l’horreur que de vivre endormie, la lutte constante, choisir entre la douche et le déjeuner, lutter pour lire mais vouloir lire quand même. La fatigue, c’est l’insuffisance par définition; c’est être moins capable mais pas totalement incapable, c’est une forme d’inconscience consciente, être là mais ailleurs, une forme de neuroleptique sans fin. C’est une anesthésie: personne ne sait comment ça marche mais on la subit quand même.

Cette fatigue là, celle qu’aucun repos ne guérit, celle qui dure sans fin, celle qui est presque invisible aux yeux mais vous plonge dans l’ébriété permanente, c’est celle qui vous met les yeux dans les yeux face à la mort.

Elle n’est que désespoir, elle vous vole à vous même, étiole votre humanité, vous rend vaine, saccagée. Elle amène toutes ses soeurs puînés: la tristesse, l’angoisse, l’agacement. Elle vous apprend que la vie a tôt fais de vous écarter du bon, du bien.

Le seul rôle qu’elle vous laisse, c’est l’incompris; la vacuité de la médecine étant une forme de mythologie à l’époque contemporaine, vivre avec une telle fatigue semble inconcevable.

Rien ne vous console jamais quand on est plus capable d’éprouver autre chose que la fatigue.
Si j’avais su! Si on m’avait dis que de jeune fille je deviendrais cela je ne l’aurais pas cru. Et combien j’envie celle que j’étais, qui ne savait pas la chance qu’elle avait de se lever avec tant d’énergie et d’aisance.

Claire Marin parlait de l’aisance discrète de la vie saine, tous les méandres de la machine humaine dissimulées à nos yeux jusqu’au jour où. Ce « où ». Ce « où » douloureux, cet accent grave, qui ne laisse pas de place pour une autre possibilité, qui signifie l’immuable, qui dit que cela n’aurait pas pu être autrement.

La vie se glisse dans nos failles pour proliférer mais il nous est impossible de renoncer à survivre. On espère l’impossible, que la magie invisible de l’être nous rende une existence simple et paisible où seul les autres et les livres comptent. On pleure, on prie, on demande des miracles mais on sait, chasseurs cueilleurs que nous sommes, que les mystères de la santé sont souvent insondables, pour autant que le monde semble l’avoir occulté. C’est cette exigence de revivre suffisamment bien qui me pousse à écrire. Je veux que l’on comprenne la perplexité, ce moment où la vie s’effondre, où le quotidien devient d’une monstrueuse minutie; l’imprévu qui ne laisse que des décombres.

On est bouche bée, nous qui trouvions toujours un équilibre, une homéostasie. D’un seul coup, la vie reprend ses droits et on se dit qu’on aurait du vivre plus. On est réduit à accepter l’inacceptable, on arrive à une sorte de point de Prigogine, on veut tellement vivre qu’on force la vie en soit, comme on peut. En quelque jours ce qui était impensable devient envisageable, on est près à tout pour revenir, pour guérir, pour être; on accepte de l’aide de ceux qu’on méprisait un jour. On jeune, on pousse, et quand rien ne marche, on se retrouve face à la mort. On hésite, on a peur. C’est la peur qui préserve; c’est elle aussi qui emprisonne, ni vivant ni mort,  zombie pâle dont le reflet flétris nous rappelle qu’un jour, nous étions en vie.

Vidéo

 

Musique

Leïla Huissoud

Je ne sais rien sur Leïla. Je sais qu’elle est jeune, que je l’ai vu quand j’avais 16 ans sur la scène de The Voice et que sa voix, sur la fameuse Caravane m’a transpercé. Depuis, j’ai suivi son nom sur les pages youtube, toujours plus présente. J’attendais avec impatience qu’elle sorte un album, ce qu’elle fît en mars de cette année. Leïla a une diction si particulière qu’elle nous entraine dans son monde, un monde vibrant, amusant, entre un texte si bien écrit qu’on dirait du slam et un rythme entrainant. La réincarnation de Brassens, Brel, Renaud, toute mon enfance est revenue.

maxresdefault.jpg

Je pense, je crois en tout cas, qu’elle est une des futurs grandes chanteuses françaises, elle est un vrai renouveau, loin des Jennifer et des générations passées.

Une liste des chansons que je préfère:

La Mousse

Les Cocus

Chanson d’Amour

On s’connait depuis longtemps

La Vieille

Musique·Textes personnels

Beating Heart -Birdy / Les filles en papier journal

There’s a beating in your heart
That takes you everywhere
Will take you anywhere
You’ve been reaching in the dark
Like there’s no one there
You think there’s no one there

You’ve been trying too hard
Trying to start
It takes time, don’t lose yourself
Don’t keep fighting your heart
Stay as you are
Don’t change for anyone else

Say it strong
Lay it all on me
You don’t have to be
Afraid of what you think you’re not, you’ll see
Say it wrong
Let the words run free
I know what you mean
And you’ll find someone who loves you just as much as me

giphy
C’est l’histoire d’une fille en papier journal. De quelqu’un qui attend qu’on écrive sur son corps, d’une fille brochure qui se vend au plus offrant.

Ces filles qui ont besoin d’être aimé, qu’on leur donne un égo et une valeur.

Les filles papier journal trainent dans les couloirs sombres, pleurent nues dans les bras d’un homme qui dort et ne les aime pas, remplissent des cahiers faits d’elle-même et agrandissent le trou de la sécu.

On leur vante leurs qualités, comme ces pauvres trentenaires à 4 chats, alors qu’elles savent se lire, elles voient bien qu’elles ne font que combler des trous. Chez les autres, elles voient les failles comme le blanc entre les lettres noires. Ces filles qui lisent trop de bouquins, qui aiment des hommes qui ne peuvent pas les aimer et qui ne seront jamais rien pour cette société.

Et quel homme se vanterait d’aimer un papier journal, les hommes veulent un avenir, pas une boule froissée et perdu qui finira forcément dans un métier mal vu? Elles se démènent les filles en papier vous savez, c’est peut être pas écrit sur leurs corps, mais c’est dur de tout affronter sans personne qui vous aime, et puis de regarder la vie défiler et n’avoir même pas la force d’y poser les doigts.

Quand on s’intéresse à elles, qu’on les prend comme des femmes, elles se perdent en rêverie et ne demandent souvent pas plus. Les seuls qui veulent plus sont des hommes fragiles ou perdus qui recherchent dans le savoir dont elles disposent les réponses qui leur manquent. Rien de plus.

Un homme comme lui, aux yeux qui terrassent, au corps parfait, qu’aurait il pu attendre de moi, si ce n’est cette chair qu’on m’a offert et que je maquille comme une babiole de souillon?

Les filles en papier journal sont des poupées de son, elles n’osent pas demander aux autres de comprendre ou de les accompagner, peut être qu’elles sont assez bête pour croire qu’on leur donnera sans avoir à quémander, sans responsabilité.

Poupées de son qui fument pour revivre et s’enivrent de passion désuète qu’elles ne pourront jamais avoir.

Elles savent quel fardeau elles représentent et ne demandent à personne de les aimer sans comprendre.

La vie n’est pas un roman des soeurs Brontë où l’amour est aveugle sur la lande, et le papier journal s’envole dans les airs, si léger qu’il s’en va, dévoilant des femmes à la peau douce qui se cachaient pendant tout ce temps.